Les racines du voyage / The Roots of Travel
- Myranda
- 10 mars
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 12 mars
Les racines du voyage
Ceci est censé être un blog de voyage, mais avant de parler de destinations, de routes et de paysages lointains, j’ai envie de parler des idées que j'ai sur la nature.
Parce que pour moi, voyager n’est pas seulement se déplacer. C’est une façon d’entrer en relation avec le monde.
Dans un premier texte, j’ai parlé de mon père et de notre rapport au camping, au territoire québécois, aux longues routes et aux nuits sous la tente. Aujourd’hui, j’ai envie de parler de ma mère et de ce qu’elle m’a transmis sur la terre, la nature et les animaux.
Ma mère nous répétait souvent une chose simple : la nature nous donne tout ce dont nous avons besoin. Pour nous nourrir, nous guérir, nous guider et même nous protéger. Pour elle, nous faisions partie d’un tout. Nous sommes tous égaux dans un cercle vivant où chaque chose a sa place. Très jeune, elle nous a appris à observer la nature, à l’écouter et à la respecter. Ce respect se traduisait par de petits gestes du quotidien : prendre soin de ce qui nous entoure, reconnaître les plantes, faire attention à ce que l’on consomme, ralentir suffisamment pour remarquer ce qui pousse autour de nous… et parfois même offrir un long câlin à un arbre.
Elle nous montrait aussi comment prendre soin de la terre et comment utiliser les plantes pour se soigner. Ces apprentissages, sans que je m’en rende compte, ont façonné ma manière de voir le monde.
Aujourd’hui, ce lien à la nature est devenu intime et vivant, une relation que je continue de cultiver chaque jour. Et peu à peu, j’ai compris qu’il influence également ma manière de voyager : je ne me contente plus de traverser les lieux, je cherche à les ressentir, à les écouter et à m’y connecter pleinement. Quand je suis dans un nouvel endroit, j’aime prendre le temps de m’arrêter. Observer. Marcher pieds nus. Écouter les sons autour de moi. Parfois simplement rester longtemps au même endroit pour regarder le paysage vivre.
Lors de mon dernier voyage, je me souviens de ces moments passés assise face à l’océan, à écouter le bruit des vagues, à regarder la lumière dessiner des motifs sur l’eau, sentir le soleil sur ma peau et le vent dans les palmiers et dans mes cheveux. Je restais simplement là, à observer l’eau bouger, les oiseaux passer et les surfeur·euses attraper courageusement les vagues.
Ce sont souvent ces moments-là qui restent le plus longtemps en nous.
Avec le temps, je réalise que je ne voyage pas seulement pour voir des endroits.
Je voyage aussi pour apprendre à être en relation avec eux.
Peut-être que tout cela vient simplement de là.
De ce que ma mère m’a appris très tôt :que la terre n’est pas seulement un décor.
C’est une relation.

Prochains textes à venir :
ma première fois dans un avion (et la Colombie)
mon rapport à la consommation, aux objets, au minimalisme et à la réduction
mes premiers voyages sac à dos (en tournée avec des bands punk)
The Roots of Travel
This is meant to be a travel blog, but before talking about destinations, roads, and distant landscapes, I want to share some thoughts I have about nature.
For me, traveling isn’t just about moving from one place to another. It’s a way of connecting with the world.
In an earlier post, I wrote about my father and our relationship with camping, the Quebec landscape, long drives, and nights spent under the tent. Today, I want to talk about my mother and what she taught me about the earth, nature, and animals.
My mother often repeated a simple truth: nature provides everything we need to nourish us, to heal us, to guide us, and even to protect us. For her, we are part of a greater whole. We are all equal within a living circle where everything has its place. From a very young age, she taught us to observe nature, to listen to it, and to respect it. This respect showed itself in small daily gestures: caring for the world around us, recognizing plants, being mindful of what we consume, slowing down enough to notice what grows around us… and sometimes even giving a long hug to a tree.
She also taught us how to care for the earth and how to use plants for healing. These lessons, without me even realizing it, shaped the way I see the world.
Today, this connection to nature has become intimate and alive and a relationship I continue to nurture every day. And gradually, I’ve realized that it also shapes the way I travel: I no longer just move through places, I try to feel them, to listen to them, and to connect with them fully. When I arrive somewhere new, I like to take the time to pause. To observe. To walk barefoot. To listen to the sounds around me. Sometimes, it’s simply staying in one spot for hours, watching the landscape come alive.
On my last trip, I remember sitting by the ocean, listening to the sound of the waves, watching the light create patterns on the water, feeling the sun on my skin and the wind in the palms and in my hair. I simply stayed there, watching the water move, the birds fly by, and the surfers courageously catch the waves.
It’s often these moments that stay with us the longest.
Over time, I’ve realized that I don’t travel just to see places.
I travel to learn how to be in relationship with them.
And perhaps all of this comes from one simple truth my mother taught me very early on: the earth is not just a backdrop.
It’s a relationship.



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